16 novembre 2008
A ce soir
A ce soir
Laure Adler
"Au moment de prendre le bain, j'ai enlevé ma montre, une montre offerte par l'homme que j'aime et où l'artiste a inscrit sur le cadran, en demi-cercle, A ce soir. J'ai constaté que le cadran était totalement embué. On dit que la peur crée des sécrétions toxiques. A ce soir était comme effacé. La date, elle, était bien visible.
Treize juillet. Dix sept ans aprés la mort de Rémi.
Le texte qui suit s'est imposé à moi juste aprés. Il a surgi de la nuit."
Une mère raconte la mort de son bébé. Un bébé miracle pour elle à qui on avait annoncé la stérilité, un bébé qui se portait bien, "Il va bientôt marcher votre fils, Madame. Il est en avance. Il répète: Il sera grand et fort. Comment oublier ces paroles?" Et dont la santé va basculer sans crier gare...
Elle explique avant toute chose les faits: son fils est mort, avant de nous faire partager leur lien sacré, ce qui le rend d'autant plus difficile à lire.
Bleus les yeux. Bleue la nuit avec lui. Bleu le drap de son lit. Bleue la boîte à musique au-dessus de son lit. Bleue la couverture du lit de la grande chambre où, entre son père et sa mère, il aimait, tôt le matin, se caler entre les oreillers, riait quant il tombait, tirait les cheveux, mettait ses doigts dans sa bouche.
J'ai acheté ce livre sur un vide grenier. En lisant le résumé, j'ai cru à une histoire d'amour tragique, quelque chose d'émouvant, mais juste sentimental-amoureux. Je n'avais pas imaginé que Rémi puisse être un enfant. Moi qui ne voulais pas lire Tom est mort de Marie Darrieussecq, j'ai pu constater que j'avais raison de ne pas vouloir!
J'ai eu beaucoup de mal à le lire, je ne suis pas prête pour ce genre de lectures où je fais toujours un parallèle avec mes bébés; et je suis soulagée de l'avoir fini, même s'il est émouvant et que je ne regrette pas de l'avoir lu.
Je n'écris pas pour me souvenir. Je n'écris pas pour apaiser la douleur. Je sais depuis dix-sept ans que la douleur est et demeurera ma compagne. Je vis avec elle. Je la tiens en laisse. Quelquefois elle me bouscule et me fait tomber.
05 novembre 2008
Un secret
Un secret
Philippe Grimbert
Ca fait déjà quelques mois que je devais le lire, et puis avec toutes ces choses à faire, il a été relégué quelque part sur une étagère. Je crois qu'en fait il attendait le moment propice pour m'appeler.
Fils unique, j'ai longtemps eu un frère.
Né peu de temps aprés la guerre, Philippe est l'unique fils de Tania et Maxime, un couple trés amoureux aux liens trés forts, trés solides. Dés son plus jeune âge, il s'est toujours inventé un grand frère, plus grand, plus fort que lui, plus beau aussi.
Enfant curieux, il s'imagine l'histoire de ses parents, leur rencontre, leur amour, sa naissance... Il reconstitue le puzzle de leur vie d'aprés ce qu'ils lui en ont dit ou laissé entendre. Et puis un jour il découvre. Il apprend la véritable histoire, celle que ses parents et sa famille lui ont cachée. Il découvre le secret qui a précédé sa naissance.
Je dis qu'il attendait le bon moment pour être lu, parce que c'est précisément le thème des cours de psychiatrie du moment, il est même cité dans ce cours. "Il y a des fantômes dans la chambre des petits enfants", c'est la théorie d'un thérapeute dont j'ai oublié le nom (j'le retrouverai en révisant!) selon laquelle on transmet inconsciemment à nos enfants, à nos bébés même, tout ce qu'on a vécu de marquant, de traumatisant, et qu'ils grandissent avec nos cicatrices, et savent inconsciemment ce qui n'est pas dit. On peut en lire beaucoup de témoignages, c'est vraiment quelque chose d'intéressant, que j'aimerais étudier de plus prés...
Ce livre m'a émue, par sa sincérité, son authenticité, c'est l'histoire vraie de l'auteur, c'est ce qui le rend si émouvant... Si vous n'aimez pas lire, il a été adapté au ciné (avec Patrick Bruel, ça ne gâche rien!) j'ai maintenant hate de le voir!!!
05 juillet 2008
Naissance de fantômes
de Marie Darrieussecq
Une trouvaille du fin fond de mon grenier! J'avais depuis entendu parler de cet auteur, et j'ai donc été curieuse...
Le sujet: Le mari de la narratrice disparait. "Il est rentré du travail, il a posé sa serviette contre le mur, il m'a demandé si j'avais acheté du pain. Il devait être aux alentours de sept heures et demie."
La disparition inexpliquée de son mari va la pousser à explorer toutes les hypothèses, tous les souvenirs de ce mari dont elle n'était pas vraiment amoureuse, mais dont elle attend le retour jusqu'à en perdre la raison...
C'est une longue description du ressenti de cette épouse "abandonnée". J'ai aimé, mais sans grande passion je dois dire...
*****
En parlant de fantôme, je suis tombée par hasard sur cette vidéo assez déroutante...
30 juin 2008
Parce que je t'aime
J'en avais beaucoup entendu parler, mais je ne connaissais pas encore Guillaume MUSSO. Ca y est, je connais! Enfin j'ai découvert...
L'Histoire: La petite Layla disparaît. Ses parents, effondrés, finissent par se séparer. Son père Mark, psychologue quitte la maison et part vivre dans la rue, y cacher son chagrin.
Jusqu'au jour où l'incroyable se produit. La petite fille réapparait, 5 ans plus tard, au même endroit... Alors que la maman prend ses distances, c'est son père qui va la chercher pour la ramener à la maison. C'est au cours de ce voyage en avion que Mark va faire la connaissance de deux jeunes femmes, Evie et Alyson, et découvrir que leurs destins sont étroitement liés...
J'ai aimé le style, ça se lit tout seul, un peu comme Marc Lévy. (Mais la comparaison s'arrête là, pas de quoi en faire tout un tapage...)
Le suspens est ménagé jusqu'à la fin et les personnalités des personnages sont creusés à grand renforts de flash-backs qui donnent un style tout particulier que j'ai adoré...
En revanche j'ai trouvé que le dénouement n'était pas à la hauteur du reste de l'histoire... Dommage...
Mais je vais quand même m'empifrer tous les autres. J'aime bien!
Mention "adopté"!
26 juin 2008
Ensemble, c'est tout
On me l'avait recommandé tellement de fois, et j'ai tellement aimé "Je voudrais que quelq'un m'attende quelque part" et "Je l'aimais" que j'ai fini par céder à la tenteation!... J'ai bien fait!
J'ai adoré ce roman! J'ai adoré les personnages, leur besoin d'être ensemble...
Camille, passionnée de dessins qui doit maintenant gagner sa vie en faisant du ménage et en logeant sous les toit, un minuscule studio;
Philibert, descendant d'une longue lignée d'aristocrates, complexé par ses problèmes d'élocution et qui occupe un appartement appartenant à sa famille, mais bien trop grand pour lui seul.
Il héberge donc Frank, cuisinier qui consacre sa vie à son travail, à sa moto, aux filles et à sa "Mémé" Paulette, qui vit maintenant dans un hospice.
Je n'en dis pas plus, parce que soit vous l'avez déjà lu, et c'est lourd, soit vous ne connaissez pas et quand on raconte trop, ça gâche le plaisir!
"Ce qui empèche les gens de vivre ensemble, c'est leur connerie, pas leurs différences..."
J'ai aimé le film aussi, mais je reste quand-même un peu sur ma faim, ils ont un peu "abrégé" bon nombre de passages.
Disons qu'il rapporte l'essentiel, une sorte de résumé visuel!
Quand j'ai eu fini de le lire, je n'avais qu'une idée en tête: voir le film! J'étais assez curieuse parce que j'ai vu l'affiche du film avant de lire le livre, et je savais donc quels acteurs je verrais prononcer telle réplique.
Et je trouvais d'avance que le personnage va comme un gant à Audrey Tautou. Je ne connaissais pas beaucoup Guillaume Canet en revanche, et ce fut une belle découverte.
04 juin 2008
Toutes ces choses qu'on ne s'est pas dites
Je l'ai déjà fini. Il faut dire qu'avec Marc Lévy, on a du mal à s'arrêter, donc forcément...
De quoi ça parle? C'est l'histoire de Julia qui apprend à quelques jours de son mariage la mort de son père à qui elle n'avait plus parlé depuis 17 ans. Bien-sûre, elle doit reporter son mariage pour enterrer ce père qu'elle n'a pas vraiment connu. Quelques jours aprés l'enterrement, elle va recevoir de son père quelque chose qui va changer le cours de sa vie; qui va l'entraîner de New York à Montréal, jusque Berlin... Elle va se découvrir bien des points communs avec son père , et plus de liens qu'elle ne l'aurait imaginé... C'est difficile d'en dire plus sans en dire trop!
C'est un peu dans la lignée de Et si c'était vrai, drôle, émouvant, avec juste une touche de surnaturel, Marc Lévy comme je l'aime en fait. A lire, vraiment je vous le conseille!
Je t'ai aimée telle que tu es, jamais je ne te voudrais autrement, je t'ai aimée sans tout comprendre, convaincu que le temps m'en donnerait les moyens; peut-être qu'au milieu de tout cet amour, j'ai oublié parfois de te demander si tu m'aimais au point d'embrasser tout ce qui nous sépare.
27 mai 2008
Les enfants de la liberté
J'ai mis du temps à la lire celui-ci. Parce que c'est un gros bouquin, d'une part, mais surtout parce que l'histoire est dure et qu'elle est vraie. C'est celle d'un juif de 18 ans qui entraine son petit frère dans la résistance pour ne pas être déportés, comme leurs parents. Ils vont intégrer un groupe de résistants, la 35ème Brigade, constituée de jeunes étrangers tout comme eux et qui se battent pour la France à leur niveau, en oeuvrant pour la résistance.
Jeannot nous présente tour à tour les "copains" en dépeignant sa vie de résistant, prisonnier, et enfin déporté. Certains passages sont trés difficiles; on sait que tout ça a vraiment eu lieu, mais là, les personnages qu'il nous décrit, auxquels on s'attache, ont vraiment existé, c'est leur histoire et c'en est d'autant plus cruel. "Mes camarades [...] ne savent pas qu'ils vont mourir en criant "Vive la France!", et presque tous avec un accent étranger."
Ce n'est pas le premier témoignage de guerre que je lis, mais celui-ci m'a particulièrement touchée car le narrateur nous décrit objectivement sa descente aux enfers. D'homme libre à résistant, vivant sous un nom d'emprunt, fait prisonnier parce qu'il est juif et résistant et de prisonnier à déporté, à sous-homme. Il est l'un des rares survivants et honore la promesse qu'il a faite à ceux qui n'ont pas vu la fin de la guerre, celle de raconter leur histoire. J'ai généralement pas mal de recul vis-à-vis de ce que je lis, mais je ne vous cache pas que ce livre m'a tiré quelques larmes.
Alors je me demandais quand-même pourquoi Marc Lévy, auteur de romans, parfois émouvants, certes, mais dont les histoires sont toujours fictives, se lançait dans l'écriture d'un livre comme celui-ci. C'est tout simplement parce que le narrateur est en fait son père.
Enfin, voici quelques lignes que j'ai beaucoup aimées.
Les sentiments voyagent à travers les barreaux les plus étroits, ils s'en vont sans peur de la distance, et ne connaissent ni les frontières des langues, ni celles des religions, ils se rejoignent au-delà des prisons inventées par les hommes.
16 mai 2008
Je l'aimais
Mes retrouvailles avec la lecture sont passionnées. J'ai fini Je l'aimais dont je vous parlais hier. Je l'ai littéralement dévoré! Je ne connaissais pas Anna Galvada jusqu'à la semaine dernière, et je vois que je passais à côté de quelque chose! J'adore!
J'ai adoré ce livre! De quoi ça parle? D'une femme, une épouse, maman de deux petites filles (!) que son mari quitte pour une autre femme. Bien-sûre elle est au désespoir, et cherche du réconfort. Elle va recevoir le soutien inattendu de son beau-père, cet homme considéré par tous comme un "vieux con". Il va lui confier son secret, le bonheur et à la fois le drame de sa vie. Il n'a pas toujours été un vieux con. Il a aimé. Il va lui offrir le récit de son histoire, avec le recul des années et son propre regard, sur lui-même.
J'ai aimé l'histoire, forcément, mais plus encore les personnages, leur personnalité et cette ambiance presque à huis clos... J'en redemande!









